jeudi 15 octobre 2015
La Culture ? Quelle culture ? Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien ...
Bibliothèque de Holland House, à Londres, après un bombardement en septembre 1940 - Image de couverture de l'ouvrage de
Siegfried Kracauer, L'Histoire des avant-dernières choses.
samedi 19 septembre 2015
CARNET DE CITATIONS - De l’agir 4
« Je ne puis certes affirmer
que cela ira mieux si cela change, mais je suis certain qu'il faut que cela
change pour que cela puisse aller mieux. » (Lichtenberg)
« Efforce-toi de ne pas être
de ton temps. » (Lichtenberg)
« Aucun penseur ou artiste
d'avant-garde n'échappe à ce reproche (de froideur). Parce qu'il prend
terriblement au sérieux l'utopie et sa réalisation, il n'est pas un utopiste,
mais il regarde la réalité en face, telle qu'elle est, pour ne pas se laisser
abêtir par elle. Il veut libérer de leur emprisonnement les éléments du mieux
qui sont contenus en elle. S'il se fait aussi dur que les conditions de vie
pétrifiées, ce n'est que pour les briser. » (Adorno)
« L'intelligence stratégique
vient du cœur et non du cerveau, et le tort de l'idéologie est précisément de
faire écran entre la pensée et le cœur. » (Comité invisible)
« Quand on voit se dresser
les appareils de la captivité, de la torture, de la mort, rester sans rien
faire est plus périlleux que d'essayer de les abattre. » (Machiavel)
« Aucune alternative à la
forme contemporaine de la mondialisation ne nous sera fournie d’en haut. Elle
devra arriver par le biais de multiples espaces locaux – espaces urbains en
particulier – se coordonnant en un mouvement plus grand. » (Harvey)
« La vie ne doit pas être un
roman que l'on nous donne mais que nous faisons. » (Novalis)
« Nous comprendrons le monde
quand nous nous comprendrons nous-mêmes, car nous en sommes des moitiés
intégrantes. » (Novalis)
« Faire de la magie n'est
pas autre chose que de marier le monde. » (Pic de la Mirandole)
« Le plus important pour un
homme libre est de protéger la liberté des autres. » (Grann)
« Il faut savoir discerner
le rythme ascensionnel et le rythme décadent en toutes choses. Réfléchissez-y
bien. » (Musashi)
« Révolution, tendresse,
passion, je méprise ceux dont vous ne bouleversez pas la vie; ceux que vous
n'êtes pas capable de perdre et de sauver. » (Desnos)
« Ce que nous trouvons de
plus valable dans notre action, jusqu'à présent, c'est d'avoir réussi à nous
défaire de beaucoup d'habitudes et de fréquentations.
On a beau dire, assez rares sont les gens qui mettent leur vie, la petite partie de leur vie où des choix leur sont laissés, en accord avec leurs sentiments et leurs jugements. » (Potlatch)
On a beau dire, assez rares sont les gens qui mettent leur vie, la petite partie de leur vie où des choix leur sont laissés, en accord avec leurs sentiments et leurs jugements. » (Potlatch)
« Pour pouvoir penser, il
faut avoir appris à se soutenir dans le vide. » (Lebrun)
« Je n'ai pas renoncé à
l'espoir ni au désir d'éclairer un chemin non frayé vers l'avenir. Et je sais
très bien par ailleurs qu'il n'y a pas de logique implacable à l'œuvre dans
l'histoire, de sorte que le caractère contingent des affaires humaines laisse
toujours ouverte la possibilité de l'inattendu. » (Bégout)
« L'acte précède la
puissance. Tout ce que je peux faire à chaque instant de mon corps, de ma
pensée et de ma vie provient de ce que moi, ou un autre, a déjà fait. C'est
l'activité qui établit la nouveauté dans le monde. Elle est l'institution
originaire de toutes choses. Nos facultés ne servent à rien sans l'effectivité
d'un passage à l'acte qui, seul, décide de ce qui est. » (Bégout)
mardi 4 août 2015
CARNET DE CITATIONS Société 13
« Qu'est-ce
donc que l'intuition d'un écrivain ? Mettons quelque aptitude à attendre une
synthèse en omettant toute analyse, de saisir et représenter synthétiquement, -
par des états d'âme, par des symboles, par des emblèmes, - ce que Machiavel
nommait "la vérité factuelle des choses". Est-ce bien tout ? Il faut
aussi une condition pour que cette aptitude s'exerce sur les événements
contemporains, sur la masse pesante de l'histoire quotidienne : et cette
condition, c'est l'indépendance, l'isolement, l'absence de tout lien avec
chaque forme de pouvoir constitué quel qu'il soit, l'indifférence à tout
chantage économique, idéologique, culturel, voire sentimental. »
(Sciascia)
« Il est
pour le moins piquant d’encourir le reproche d’utopie de la part de politiques
dont la carence mentale et imaginative a mené toutes les classes de la société
à un désespoir que n’a cessé d’accroître l’absurdité de leur système de
gestion. » (Vaneigem)
« Dans ces
conditions, le peuple, plutôt que se leurrer lui-même, avait développé une
technique étonnante : faire disparaître tout "moi" susceptible d'être
trompé. Aussi les jeunes gens, avec une apparence d'insensibilité stupéfiante,
ne montraient-ils pas la moindre douleur sur leur visage quand on leur
découpait une portion de derrière pour s'en faire une côtelette, habitués
qu'ils étaient à être traités comme des porcs. » (Mitsuharu Kaneko)
« Je ne
crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger. » (Blaise
Pascal)
« Si
l’œuvre littéraire - fragment de société, de milieu ou d'expérience vécue -
doit être un processus, un miroir, le miroir projette son reflet sur le
processus et détermine du même coup son degré d'appartenance à la vie qui
l'entoure et à son atmosphère. » (Franz Jung)
« Ce qui se
voit aujourd'hui en plein, et que Günther Anders et Adorno avaient pour leur
part fait plus qu'entrevoir : l'obsolescence de l'amour et la mécanisation du
sexe. » (Eyguesier)
« Les
sociétés contemporaines tout entières ressemblent à un grand bordel triste et
sinistre : tout le monde y travaille et y consomme sans joie. Et tout le monde
paye, avec l’argent et sur sa peau, le prix. Sans avoir besoin d’être saints,
nos contemporains portent sur leurs visages les stigmates douloureux de leur
soumission. Chacun, dépaysé, promène son pauvre corps, réifié par tout ce qu’on
lui inflige, en arborant le cadavre de sa propre individualité crucifiée, comme
s’il était encerclé par une bulle transparente d’incommunicabilité hostile et
impénétrable, accompagné par une insurmontable méfiance de l’autre, par un
manque de curiosité sans limites, soutenue par une passivité inlassable, une
lâcheté active, dans un paysage de vulgarité et d’épouvante. »
(Sanguinetti)
« J'ai été
appelé étrange, excentrique, bizarre, fou, solitaire, insociable, misanthrope.
Il est sans doute bien vrai que je suis : étrange par rapport au banal,
excentrique par rapport au bourgeois, bizarre par rapport à l'ordinaire, fou
par rapport au cartésien, solitaire et sauvage par rapport au mouton,
misanthrope par rapport au philanthrope. Mais il ne me semble pas qu'on se soit
jamais demandé si j'étais tout cela parce que j'aimais l'être ou parce que la
bêtise, l'ignorance, la vulgarité, l'étroitesse d'esprit, le manque de goût, de
sensibilité et d'imagination des autres ne m'avaient pas laissé le choix. »
(Malkine)
« Que
pourraient bien attendre de l'expérience surréaliste ceux qui gardent quelque
soucis de la place qu'ils occuperont dans le monde ? » (Breton)
« Et quand
bien même l'on serait seul, au plus désolé de la solitude, c'est encore autrui,
la présence de l'autre, de tous les autres, qui étoffe notre vie. »
(Malaquais)
lundi 22 juin 2015
Carnet de citations - Histoire/ Historiosophie 12
« Ces
socialistes sont des mainteneurs. Jusqu'au bout, jusqu'à la limite de leurs
possibilités, ils ont essayé de contenir le mécontentement ouvrier, d'empêcher
la révolution d'exploser.
Que
l'instauration du socialisme implique un bouleversement des structures
économiques d'une part, l'emploi de la violence pour briser les résistances de
la bourgeoisie d'autre part, ils ne peuvent, semble-t-il, s'y résoudre. Ils
auront recours à la force pourtant, sans scrupule, impitoyablement, mais c'est
pour maintenir l'ordre existant. » (Badia)
« La
langue que nous parlons et que nous écrivons est pleine d’expressions, de
tournures dont elle ne peut rendre compte par elle-même, et qui s'expliquent
par des faits anciens, depuis longtemps oubliés, qui survivent dans l'idiome
moderne comme les derniers témoins d'un autre âge. » (Darmesteter)
« Que
les états faibles balancent toujours à prendre une décision et que les
décisions tardives sont toujours nuisibles.
La guerre des latins en fournit encore un exemple. Les Laviniens, sollicités par eux de les secourir contre les romains, mirent tant de lenteur à se décider, qu'à peine sortis de leurs murs, on leur annonça la défaite des latins. Ce qui fit dire à Milonius, leur préteur : " que les romains leur feraient payer cher le peu de chemin qu'ils avaient fait." (Machiavel)
La guerre des latins en fournit encore un exemple. Les Laviniens, sollicités par eux de les secourir contre les romains, mirent tant de lenteur à se décider, qu'à peine sortis de leurs murs, on leur annonça la défaite des latins. Ce qui fit dire à Milonius, leur préteur : " que les romains leur feraient payer cher le peu de chemin qu'ils avaient fait." (Machiavel)
« La
révolution dont il s'agit est une forme des rapports humains. Elle fait partie
de l'existence sociale. Elle est un conflit entre des intérêts universels
concernant la totalité de la pratique sociale, et c'est seulement en cela
qu'elle diffère des autres conflits. » (Debord)
Juillet
1830 – « Après quelques coups de feu le poste de la place Saint-Michel se
rendit à nous. J'arrivais en remontant la rue Saint-Michel à la maison du
bibliophile Jacob que j'étonnai de mes récits de victoire. A l'imprimerie de
Béthune, on construisait une barricade. » (Nerval)
« Une
idée morte produit plus de fanatisme qu'une idée vivante. Disons même qu'elle
seule en produit, puisque les imbéciles, comme les corbeaux, sentent uniquement
les choses mortes. Et ils sont tant et tant à fourmiller frénétiquement sur les
choses mortes que celles-ci, parfois, semblent s'animer. » (Sciascia)
Le
problème du grotesque et de son essence esthétique ne peut être correctement
posé et résolu que sur les matériaux qu'offre la culture populaire du Moyen Age
et la littérature de la Renaissance, et en la matière Rabelais nous éclaire de
façon considérable. On ne peut arriver à saisir la véritable profondeur, les
significations multiples et la force des divers motifs grotesques, que sous
l'angle de l'unité de la culture populaire et de la sensation carnavalesque du
monde; pris en dehors de ces dernières, ils deviennent unilatéraux, plats et
pauvres. (…)Dès le XVIIème siècle, certaines formes du grotesque commencent à
dégénérer en "caractérisation" statique et peinture étroite du genre.
Cela par suite de la limitation spécifique de la conception bourgeoise du
monde. Tandis que le véritable grotesque n'est nullement statique : il
s'efforce au contraire d'exprimer dans ses images le devenir, la croissance,
l'inachèvement perpétuel de l'existence : c'est la raison pour laquelle il
donne dans ses images les deux pôles du devenir, à la fois ce qui s'en va et ce
qui vient, ce qui meurt et ce qui naît... (Bakhtine)
« L'époque
de Meiji fut celle des sieurs à moustache. Les fonctionnaires se firent pousser
d'épaisses moustaches, et tout en tortillant de la main les extrémités pour
former des vrilles, l'épaisse chaîne de leur montre en or lovée dans leur
ceinture hekoobi, ils flânaient nonchalamment la canne en l'air, toisant de
haut les temps modernes. » (Mitsuharu Kaneko)
vendredi 1 mai 2015
DE NOTRE SERVITUDE VOLONTAIRE
Ce livre fut écrit il y a cinq siècles. Pourtant, chez tous ceux pour qui le mot Liberté a encore du sens et qui accessoirement savent lire, son actualité s'impose cruellement. Car si la domination a changé de visage, il reste que: « Toujours s'en trouvent-ils quelques-uns qui sentent le poids du joug et ne peuvent tenir de le secouer ; qui ne s'apprivoisent jamais de la sujétion et qui toujours ne se peuvent tenir d'aviser à leurs naturels privilèges ; ce sont volontiers ceux-là qui, ayant l'entendement net et l'esprit clairvoyant, ne se contentent pas de regarder ce qui est devant leurs pieds ; ce sont ceux qui, ayant la tête d'eux-mêmes bien faite, l'ont encore polie par l'étude et la connaissance.
Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et toute hors du monde, l'imaginent et la sentent en leur esprit, et encore la savourent, et la servitude ne leur est de goût, pour tant bien qu'on l'accoutre. »
Quelques-uns trouveront donc dans ce livre un précieux soutien ...
D'autres qui n'imaginent ni ne sentent plus rien n'y verront probablement qu'une relique du passé.
Avec les siècles, la servitude volontaire a donc changé de nombreuses fois de formes et de visages ainsi, bien sur, que la domination qui l’accompagne comme son ombre. Ainsi, à la Théologie qui justifiait les structures hiérarchiques du temps de La Boétie, s’est progressivement substitué l’Économie politique, comme pseudoscience, comme gestion des affaires humaines, comme nouvelle religion encore plus aliénante.
A la liberté des êtres humains, demeurant pour leur plus grande part dans l’asservissement, s’est substituée la liberté du Marché s’avançant le plus souvent masquée sous la rassurante appellation de libéralisme ou, plus drôle encore, de socialisme.
Dans notre belle modernité, loin de nous libérer de l’État, le Marché s’est intimement associé à celui-ci dans une subtile répartition des taches ; à l’État les fonctions régaliennes, police, répression, surveillance, défense des intérêts des possédants ; au Marché, la savante organisation de la dépossession du plus grand nombre au profit d’une poignée de mafieux à l’avidité sans limites. L’interpénétration entre les structures étatiques à leur sommet et les gestionnaires du capital étant désormais presque totale et quelques soient les gouvernements en place. Pour couronner le tout, c’est le plus souvent dans un système annoncé comme « démocratique » que se déploie ce « meilleur des mondes ». Seuls quelques mauvais esprits remarqueront que cette démocratie là, a littéralement été vidée de toute substance ; qu’à la place de citoyens ne demeurent que des spectateurs, ridiculement réduits à l’impuissance et que, comble d’humiliation, on culpabilisera devant leur manque d’enthousiasme à voter bleu ou rose.
C’est à l’aune de cette réalité là qu’il faut relire La Boétie et s’interroger sur Notre servitude volontaire.
lundi 27 avril 2015
De la vérité factuelle des choses
Plaisant exemple de ce que peut faire un auteur, bénéficiant d'une
indéniable réputation, quand il a su préserver une véritable liberté de
ton et d'expression. En ces sombres années (1969-1979) de l'histoire
italienne, qu'ultérieurement on appela, non sans raisons, "Les années de
plomb", Sciascia, dans ce recueil de chroniques et réflexions diverses,
présentées comme un Journal, livre sans craintes ses observations de la
vie sociale et politique de cette époque. On s'étonnera beaucoup moins
après cette lecture et l’effarante corruption de tout un pays qu'elle
dévoile, que l'Italie ait, ultérieurement, pu porter à sa tête une
personnalité aussi médiocre et affligeante que Berlusconi; il en était
fort directement le produit, l'aboutissement logique.
"C'est depuis lors que l'Italie est un pays sans vérité. Il en a même jailli une règle : aucune vérité ne verra jamais le jour en ce qui concerne les actes criminels ayant, même de loin, quelque lien avec la gestion du pouvoir."
Certains, pourraient (malencontreusement) faire un lien direct avec des événements et des figures de notre propre histoire franco-française contemporaine; cela ne serait, bien certainement, que l'expression d'un mauvais cauchemar. Mais rassurons-nous, dans un pays devenu "sans vérité", il ne viendrait à l'idée d'aucun de ceux paraissant sur la scène spectaculaire de tenter de la dire et surtout de la mettre en œuvre; si bien que cette absence ne trouble plus personne. Car qu'est-ce donc que le spectacle finalement, sinon l’absence de vérité dans le vécu quotidien de tout un chacun ... Une simple question d'habitude.
"Qu'est-ce donc que l'intuition d'un écrivain ? Mettons quelque aptitude à attendre une synthèse en omettant toute analyse, de saisir et représenter synthétiquement, - par des états d'âme, par des symboles, par des emblèmes, - ce que Machiavel nommait "la vérité factuelle des choses". Est-ce bien tout ? Il faut aussi une condition pour que cette aptitude s'exerce sur les événements contemporains, sur la masse pesante de l'histoire quotidienne : et cette condition, c'est l'indépendance, l'isolement, l'absence de tout lien avec chaque forme de pouvoir constitué quel qu'il soit, l'indifférence à tout chantage économique, idéologique, culturel, voire sentimental. "
"C'est depuis lors que l'Italie est un pays sans vérité. Il en a même jailli une règle : aucune vérité ne verra jamais le jour en ce qui concerne les actes criminels ayant, même de loin, quelque lien avec la gestion du pouvoir."
Certains, pourraient (malencontreusement) faire un lien direct avec des événements et des figures de notre propre histoire franco-française contemporaine; cela ne serait, bien certainement, que l'expression d'un mauvais cauchemar. Mais rassurons-nous, dans un pays devenu "sans vérité", il ne viendrait à l'idée d'aucun de ceux paraissant sur la scène spectaculaire de tenter de la dire et surtout de la mettre en œuvre; si bien que cette absence ne trouble plus personne. Car qu'est-ce donc que le spectacle finalement, sinon l’absence de vérité dans le vécu quotidien de tout un chacun ... Une simple question d'habitude.
"Qu'est-ce donc que l'intuition d'un écrivain ? Mettons quelque aptitude à attendre une synthèse en omettant toute analyse, de saisir et représenter synthétiquement, - par des états d'âme, par des symboles, par des emblèmes, - ce que Machiavel nommait "la vérité factuelle des choses". Est-ce bien tout ? Il faut aussi une condition pour que cette aptitude s'exerce sur les événements contemporains, sur la masse pesante de l'histoire quotidienne : et cette condition, c'est l'indépendance, l'isolement, l'absence de tout lien avec chaque forme de pouvoir constitué quel qu'il soit, l'indifférence à tout chantage économique, idéologique, culturel, voire sentimental. "
lundi 20 avril 2015
CARNET DE CITATIONS Société 12
« L'histoire
d'un mot, ainsi retracée, permet de saisir le sens propre, sans cesse modifié
par l'usage, et de suivre le travail continu de la langue qui, partant de la
signification première, l'étend ou la restreint de siècle en siècle, suivant
les besoins de la pensée. » (Darmesteter)
« Certains
existent, les autres ne sauraient tarder » (Wolman)
« À part quelques esprits sérieux, notre époque vit au jour le jour de faits plus que d’idées, et de faits sans grandeur. Les commérages auxquels est réduite la politique actuelle, les nouvelles du monde artistique et des salons, et ce triste bilan qui sous le titre de faits divers, expose les misères, les crimes et les aberrations de chaque jour, là se borne la nourriture intellectuelle et morale du plus grand nombre. Ce n’est pas qu’elle soit vide d’enseignements ; mais la moelle n’en est pas extraite et ces faits n’offrent à ceux qui en vivent qu’un intérêt passager, pris à part de leurs conséquences et de leurs causes : le simple appétit de l’incident, l’amour de l’enfant pour le conte ; dans l’esprit comme dans le journal, ils restent sans lien, sans ordre, séparés par des tirés. On réfléchit peu ; le temps manque ; le goût surtout. La vie, consacrée tout entière à la poursuite du but personnel, immédiat, harcelée par la concurrence sociale, est si haletante ! Tout s’y produit en hâte et sous forme de compétition : l’action, la pensée. Remonter aux sources est trop long. » (André Leo)
« Dans
notre pays, nous jouissons de trois choses parmi les plus précieuses qui soient
: la liberté de parole, la liberté de conscience, et la grande prudence de ne
pas les exercer. » (Twain)
« Je ne
suis pas étonné de voir les hommes coupables, mais je suis souvent étonné de ne
pas les voir honteux. » (Swift)
« Quant au
bureaucrate pris individuellement, le but de l’État devient son but privé :
c'est la curée aux postes plus élevés, c'est le carriérisme. Tout d'abord, il
considère la vie réelle comme une matière inerte car pour lui l'esprit de cette
vie réside dans une réalité séparée et autonomisée : la bureaucratie. L’État
n'existe pour lui que sous la forme d'une multitude d'esprits bureaucratiques
figés, reliés uniquement par la subordination et l'obéissance passive. »
(Marx)
« La
bureaucratie est le matérialisme sordide que nous venons d'évoquer. En
revanche, son spiritualisme sordide apparaît dans le fait qu'elle veut tout
faire, c'est à dire faire de la volonté la causa prima, la cause première :
comme elle est vouée à l'activité et comme elle reçoit son contenu du dehors,
elle ne peut prouver son existence qu'en imposant une forme et une limite à ce
contenu. Le bureaucrate ne voit dans le monde qu'un simple objet de son activité. »
(Marx)
« Une idée
morte produit plus de fanatisme qu'une idée vivante. Disons même qu'elle seule
en produit, puisque les imbéciles, comme les corbeaux, sentent uniquement les
choses mortes. Et ils sont tant et tant à fourmiller frénétiquement sur les
choses mortes que celles-ci, parfois, semblent s'animer. » (Sciascia)
« Au
crépuscule, au lieu des coyotes, hurlaient les speakers pour nous dire comment
avoir les dents blanches et des cheveux qui brillent ... » (Rochefort)
« Ce qui
domine la "sensibilité moderne" c'est l'hyperexcitabilité (...). Sous
les spasmes, c'est l'asthénie qui règne. » (Bégout)
« Son
interlocuteur défendait une institution qui ne possédait plus qu'un simulacre
d'existence; sortie des pandectes poussiéreux, elle survivait seulement en
effet dans la tête de quelques hommes qui ont tiré de formules artificielles
les concepts avec lesquels ils ont contracté une symbiose de fantômes. »
(Wassermann)
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