mercredi 17 octobre 2018

"Tout est faux dans la question des immigrés" Guy Debord

C'est en 1985 que Guy Debord rédigea ce texte d'une remarquable lucidité et qui passa alors presque inaperçu. L'aggravation de tout ce qui y est décrit ne devrait désormais plus échapper à personne.


Guy Debord : « Tout est faux dans la question des immigrés »

Tout est faux dans la “question des immigrés”, exactement comme dans toute question ouvertement posée dans la société actuelle ; et pour les mêmes motifs : l’économie – c’est-à-dire l’illusion pseudo-économique – l’a apportée, et le spectacle l’a traitée.
On ne discute que de sottises. Faut-il garder ou éliminer les immigrés ? Naturellement, le véritable immigré n’est pas l’habitant permanent d’origine étrangère, mais celui qui est perçu et se perçoit comme différent et destiné à le rester. Beaucoup d’immigrés ou leurs enfants ont la nationalité française ; beaucoup de Polonais ou d’Espagnols se sont finalement perdus dans la masse d’une population française qui était autre. Comme les déchets de l’industrie atomique ou le pétrole dans l’Océan – et là on définit moins vite et moins “scientifiquement” les seuils d’intolérance – les immigrés, produits de la même gestion du capitalisme moderne, resteront pour des siècles, des millénaires, toujours. Ils resteront parce qu’il était beaucoup plus facile d’éliminer les Juifs d’Allemagne au temps d’Hitler que les maghrébins, et autres, d’ici à présent : car il n’existe en France ni un parti nazi ni le mythe d’une race autochtone !
Faut-il donc les assimiler ou “respecter les diversités culturelles” ? Inepte faux choix. Nous ne pouvons plus assimiler personne : ni la jeunesse, ni les travailleurs français, ni même les provinciaux ou vieilles minorités ethniques (Corses, Bretons, etc.) car Paris, ville détruite, a perdu son rôle historique qui était de faire des Français. Qu’est-ce qu’un centralisme sans capitale ? Le camp de concentration n’a créé aucun Allemand parmi les européens déportés. La diffusion du spectacle concentré ne peut uniformiser que des spectateurs. On se gargarise, en langage simplement publicitaire, de la riche expression de “diversités culturelles”. Quelles cultures ? Il n’y en a plus. Ni chrétienne ni musulmane ; ni socialiste ni scientiste. Ne parlez pas des absents. Il n’y a plus, à regarder un seul instant la vérité et l’évidence, que la dégradation spectaculaire-mondiale (américaine) de toute culture.
Ce n’est surtout pas en votant que l’on s’assimile. Démonstration historique que le vote n’est rien, même pour les Français, qui sont électeurs et ne sont plus rien (1 parti = 1 autre parti ; un engagement électoral = son contraire ; et plus récemment un programme – dont tous savent bien qu’il ne sera pas tenu – a d’ailleurs enfin cessé d’être décevant, depuis qu’il n’envisage jamais plus aucun problème important. Qui a voté sur la disparition du pain ?). On avouait récemment ce chiffre révélateur (et sans doute manipulé en baisse) : 25 % des “citoyens” de la tranche d’âge 18-25 ans ne sont pas inscrits sur les listes électorales, par simple dégoût. Les abstentionnistes sont d’autres, qui s’y ajoutent.
Certains mettent en avant le critère de “parler français”. Risible. Les Français actuels le parlent-ils ? Est-ce du français que parlent les analphabètes d’aujourd’hui, ou Fabius (« Bonjour les dégâts ! ») ou Françoise Castro (« Ça t’habite ou ça t’effleure ? »), ou B.-H. Lévy ? Ne va-t-on pas clairement, même s’il n’y avait aucun immigré, vers la perte de tout langage articulé et de tout raisonnement ? Quelles chansons écoute la jeunesse présente ? Quelles sectes infiniment plus ridicules que l’islam ou le catholicisme ont conquis facilement une emprise sur une certaine fraction des idiots instruits contemporains (Moon, etc.) ? Sans faire mention des autistes ou débiles profonds que de telles sectes ne recrutent pas parce qu’il n’y a pas d’intérêt économique dans l’exploitation de ce bétail : on le laisse donc en charge aux pouvoirs publics.
Nous nous sommes faits américains. Il est normal que nous trouvions ici tous les misérables problèmes des USA, de la drogue à la mafia, du fast-food à la prolifération des ethnies. Par exemple, l’Italie et l’Espagne, américanisées en surface et même à une assez grande profondeur, ne sont pas mélangées ethniquement. En ce sens, elles restent plus largement européennes (comme l’Algérie est nord-africaine). 


Nous avons ici les ennuis de l’Amérique sans en avoir la force. Il n’est pas sûr que le melting-pot américain fonctionne encore longtemps (par exemple avec les Chicanos qui ont une autre langue). Mais il est tout à fait sûr qu’il ne peut pas un moment fonctionner ici. Parce que c’est aux USA qu’est le centre de la fabrication du mode de vie actuel, le cœur du spectacle qui étend ses pulsations jusqu’à Moscou ou à Pékin ; et qui en tout cas ne peut laisser aucune indépendance à ses sous-traitants locaux (la compréhension de ceci montre malheureusement un assujettissement beaucoup moins superficiel que celui que voudraient détruire ou modérer les critiques habituels de “l’impérialisme”). Ici, nous ne sommes plus rien : des colonisés qui n’ont pas su se révolter, les béni-oui-oui de l’aliénation spectaculaire. Quelle prétention, envisageant la proliférante présence des immigrés de toutes couleurs, retrouvons-nous tout à coup en France, comme si l’on nous volait quelque chose qui serait encore à nous ? Et quoi donc ? Que croyons-nous, ou plutôt que faisons-nous encore semblant de croire ? C’est une fierté pour leurs rares jours de fête, quand les purs esclaves s’indignent que des métèques menacent leur indépendance !
Le risque d’apartheid ? Il est bien réel. II est plus qu’un risque, il est une fatalité déjà là (avec sa logique des ghettos, des affrontements raciaux, et un jour des bains de sang). Une société qui se décompose entièrement est évidemment moins apte à accueillir sans trop de heurts une grande quantité d’immigrés que pouvait l’être une société cohérente et relativement heureuse. On a déjà fait observer en 1973 cette frappante adéquation entre l’évolution de la technique et l’évolution des mentalités : « L’environnement, qui est reconstruit toujours plus hâtivement pour le contrôle répressif et le profit, en même temps devient plus fragile et incite davantage au vandalisme. Le capitalisme à son stade spectaculaire rebâtit tout en toc et produit des incendiaires. Ainsi son décor devient partout inflammable comme un collège de France. » Avec la présence des immigrés (qui a déjà servi à certains syndicalistes susceptibles de dénoncer comme “guerres de religions” certaines grèves ouvrières qu’ils n’avaient pu contrôler), on peut être assurés que les pouvoirs existants vont favoriser le développement en grandeur réelle des petites expériences d’affrontements que nous avons vu mises en scène à travers des “terroristes” réels ou faux, ou des supporters d’équipes de football rivales (pas seulement des supporters anglais).
Mais on comprend bien pourquoi tous les responsables politiques (y compris les leaders du Front national) s’emploient à minimiser la gravité du “problème immigré”. Tout ce qu’ils veulent tous conserver leur interdit de regarder un seul problème en face, et dans son véritable contexte. Les uns feignent de croire que ce n’est qu’une affaire de “bonne volonté antiraciste” à imposer, et les autres qu’il s’agit de faire reconnaître les droits modérés d’une “juste xénophobie”. Et tous collaborent pour considérer cette question comme si elle était la plus brûlante, presque la seule, parmi tous les effrayants problèmes qu’une société ne surmontera pas. Le ghetto du nouvel apartheid spectaculaire (pas la version locale, folklorique, d’Afrique du Sud), il est déjà là, dans la France actuelle : l’immense majorité de la population y est enfermée et abrutie ; et tout se serait passé de même s’il n’y avait pas eu un seul immigré. Qui a décidé de construire Sarcelles et les Minguettes, de détruire Paris ou Lyon ? On ne peut certes pas dire qu’aucun immigré n’a participé à cet infâme travail. Mais ils n’ont fait qu’exécuter strictement les ordres qu’on leur donnait : c’est le malheur habituel du salariat.
Combien y a-t-il d’étrangers de fait en France ? (Et pas seulement par le statut juridique, la couleur, le faciès.) Il est évident qu’il y en a tellement qu’il faudrait plutôt se demander : combien reste-t-il de Français et où sont-ils ? (Et qu’est-ce qui caractérise maintenant un Français ?) Comment resterait-il, bientôt, de Français ? On sait que la natalité baisse. N’est-ce pas normal ? Les Français ne peuvent plus supporter leurs enfants. Ils les envoient à l’école dès trois ans, et au moins jusqu’à seize, pour apprendre l’analphabétisme. Et avant qu’ils aient trois ans, de plus en plus nombreux sont ceux qui les trouvent “insupportables” et les frappent plus ou moins violemment. Les enfants sont encore aimés en Espagne, en Italie, en Algérie, chez les Gitans. Pas souvent en France à présent. Ni le logement ni la ville ne sont plus faits pour les enfants (d’où la cynique publicité des urbanistes gouvernementaux sur le thème « ouvrir la ville aux enfants »). D’autre part, la contraception est répandue, l’avortement est libre. Presque tous les enfants, aujourd’hui, en France, ont été voulus. Mais non librement ! L’électeur-consommateur ne sait pas ce qu’il veut. Il “choisit” quelque chose qu’il n’aime pas. Sa structure mentale n’a plus cette cohérence de se souvenir qu’il a voulu quelque chose, quand il se retrouve déçu par l’expérience de cette chose même.
Dans le spectacle, une société de classes a voulu, très systématiquement, éliminer l’histoire. Et maintenant on prétend regretter ce seul résultat particulier de la présence de tant d’immigrés, parce que la France “disparaît” ainsi ? Comique. Elle disparaît pour bien d’autres causes et, plus ou moins rapidement, sur presque tous les terrains.
Les immigrés ont le plus beau droit pour vivre en France. Ils sont les représentants de la dépossession ; et la dépossession est chez elle en France, tant elle y est majoritaire. et presque universelle. Les immigrés ont perdu leur culture et leurs pays, très notoirement, sans pouvoir en trouver d’autres. Et les Français sont dans le même cas, et à peine plus secrètement.
Avec l’égalisation de toute la planète dans la misère d’un environnement nouveau et d’une intelligence purement mensongère de tout, les Français qui ont accepté cela sans beaucoup de révolte (sauf en 1968) sont malvenus à dire qu’ils ne se sentent plus chez eux à cause des immigrés ! Ils ont tout lieu de ne plus se sentir chez eux, c’est très vrai. C’est parce qu’il n’y a plus personne d’autre, dans cet horrible nouveau monde de l’aliénation, que des immigrés.
Il vivra des gens sur la surface de la Terre, et ici même, quand la France aura disparu. Le mélange ethnique qui dominera est imprévisible, comme leurs cultures, leurs langues mêmes. On peut affirmer que la question centrale, profondément qualitative, sera celle-ci : ces peuples futurs auront-ils dominé, par une pratique émancipée, la technique présente, qui est globalement celle du simulacre et de la dépossession ? Ou, au contraire, seront-ils dominés par elle d’une manière encore plus hiérarchique et esclavagiste qu’aujourd’hui ? Il faut envisager le pire, et combattre pour le meilleur. La France est assurément regrettable. Mais les regrets sont vains.

samedi 29 septembre 2018

CARNET DE CITATIONS Société 25



« La composition du capital doit être prise en un double sens. Du côté de la valeur, elle se détermine par la proportion selon laquelle il se divise en capital constant, ou valeur des moyens de production, et capital variable, ou valeur de la force de travail, somme globale des salaires. Du côté de la matière, telle qu'elle fonctionne dans le procès de production, tout capital se divise en moyens de production et force de travail vivante. Cette composition se détermine par le rapport entre la masse des moyens de production employés, d'un côté, et la quantité de travail requise pour employer ceux-ci, de l'autre. (...) Chaque fois qu'il sera question de composition du capital sans autre précision, il faudra toujours comprendre composition organique du capital. »
« L'accumulation du capital, qui n'apparait à l'origine que comme l'élargissement quantitatif de celui-ci, s'accomplit, ainsi que nous l'avons vu, dans un changement qualitatif continuel de sa composition, dans une augmentation permanente de sa composante constante aux dépens de sa composante variable. » (Marx)

« Le terme de "réfugié économique", une création dépréciative des administrations démocratiques de la misère, se retourne à cet égard contre ses auteurs en ce qu'il pointe l'économisme planétaire du capital comme motif général de fuite. Ce ne sont à chaque fois que des formes dérivées de cette cause première du potentiel de catastrophes et de désespoir modernes qui, à des degrés divers, forment les catégories permettant de classer et les réfugiés et les motifs de leur fuite. Les "réfugiés de guerre" sont poussés par les "troubles", les guerres de pillage et de misère qui ne sont pourtant rien d'autre que la conséquence de l'échec subi par des régions globales entières face aux critères de la concurrence capitaliste. Quant aux "réfugiés de la pauvreté", ils traduisent le même motif de fuite mais d'une façon plus directe. C'est en masse qu'on les oblige à quitter leur lopin de terre, y compris par la force brute (légale et illégale dans la forme), dans le but de transformer cette même terre en grandes exploitations pour exporter des produits de consommation servant aux besoins du marché mondial et de ses gros salaires. » (Kurz)

« Dans un monde de gagnants et de perdants, les perdants ne disparaissent pas comme par enchantement : ils vont chercher un autre pays. » (Peter Stalker)

« Ce sont les masses de réfugiés fuyant la guerre civile, la misère et les ravages causés par l'économie qui provoquent l'intervention de l'impérialisme d'exclusion occidental. » (Kurz)

« On parla, au fil des temps, de démocratisation des voyages, sans se rendre compte que, bien des années plus tard - aujourd'hui -, la démocratie deviendrait pour beaucoup soluble dans la consommation. Et le tourisme devint consommation, élément majeur du devenir-économie du monde. Désormais, la libération initiale, devenue la norme, se fait oppressante : elle martyrise natures et sociétés humaines, opprime l'esprit des voyages et transforme l'hospitalité des lieux en prestations, les habitants en prestataires, les paysages en décors. Voilà où l'on est arrivé. » (Christin)

« On s'est demandé : "La vie privée est privée de quoi ?" Tout simplement de la vie, qui en est cruellement absente. Les gens sont aussi privés qu'il en est possible de communication ; et de réalisation d'eux-mêmes. Il faudrait dire : de faire leur propre histoire, personnellement. Les hypothèses pour répondre positivement à cette question sur la nature de la privation ne pourront donc s'énoncer que sous forme de projets d'enrichissements ; projets d'un autre style de vie ; en fait d'un style... Ou bien, si l'on considère que la vie quotidienne est à la frontière du secteur dominé et du secteur non dominé de la vie, donc le lieu de l'aléatoire, il faudrait parvenir à substituer au présent ghetto une frontière toujours en marche ; travailler en permanence à l'organisation de chances nouvelles. » (Debord)

«La logique pratique dont relève l'intervention des normes est traversée et impulsée par ces rapports de force sans lesquels elles seraient incapables d'agir effectivement dans la réalité : elle assure à l'ordre qu'elle promeut la capacité de s'incarner dans les faits parce qu'elle déploie entièrement les figures de nécessité qui conditionnent son efficacité sur le plan même de ces faits, ce qui confère aux actions qui en découlent un caractère naturel par lequel les élans de la volonté, qui décident de ces actions, semblent se confondre avec l'ordre des choses, alors qu'ils sont en réalité manipulés.(Macherey)

jeudi 27 septembre 2018

CARNET DE CITATIONS -Psychologie, comportement humain 13



« "Il faut vraiment restaurer mon esprit", me dis-je, et je me remets, une fois de plus, à replâtrer cette bâtisse délabrée. J'ahane donc et m'acharne à cette vaine tâche d’Édification, malgré les vents qui arrachent les tuiles, les planchers qui crèvent, les toits qui s’effondrent, les oiseaux étranges qui dressent entre les poutres des nids échevelés, et des hiboux qui chuintent et ricanent dans les cheminées croulantes. » (Logan Pearsall Smith)

« DANS LA CAGE
"Je sais ce que je dis", vociférai-je - tel un Perroquet dans la grande Cage du Monde - tout en sautillant avec ostentation de perchoir en perchoir avec des cris aigus : "Je sais ! Je sais !" » (Logan Pearsall Smith)

« Être intelligent veut dire ouvert au monde de manière qu'il puisse entrer par beaucoup de côtés. L'intelligent flaire le lointain, le caché, il a l’œil pour repérer des rapports qui ne sont pas évidents, et le doigté pour sentir et démêler les fils même quand le tissus est épais. » (Polgar)

« L'esprit s'efforce de comprendre, de se voir tel qu'il est, mais en même temps il écarte cette image de sa vision et il est fier et satisfait d'être aliéné de sa propre essence. » (Hegel)

« Il m'est venu à l'esprit qu'en agissant de la sorte, je m'étais comportée exactement comme lorsque nous refusons d'améliorer les choses qui nous entourent. Donc, je voulais prendre ce qu'il y avait de meilleur sans dépenser pour cela la moindre énergie. » (P. Romanov)

« Ceux-ci étaient en général pleins de gaité et de bonne humeur; ils pouvaient donner libre carrière à leurs idées; ils pouvaient former des projets et les mettre à exécution. Ils ne prenaient conseil que de leurs penchants. Ils ne s'étaient pas imposé cette pénible tâche à laquelle on n'est que trop assujetti dans la société des hommes, de paraître donner une approbation tacite aux choses qui vous font le plus souffrir; ils faisaient ouvertement la guerre à leurs oppresseurs. » (Godwin)

« Dès l'enfance, je me torturais l'esprit à propos des mots, les mots inconnus qui m'en imposaient, les mots étrangers qui me paraissaient tout de même familiers, comme si je les avais oubliés après les avoir entendus longtemps, très longtemps auparavant; les lettres aussi, avec lesquelles j'avais pu construire péniblement ces mots prodigieux, m'attiraient, me séduisaient mais me frustraient, me rendait malheureux. L'histoire de mon second "moi" était l'histoire des mots oubliés. Comme si toute ma vie j'avais eu quelque chose sur le bout de la langue, une chose que je n'aurais jamais réussi à exprimer; installée au coin de mon âme qu'elle torturait. » (Mihaly Babits)

« A ce jeu dangereux, qui peut savoir si c'est le désir qui trouve sa cible ou si c'est la cible qui éveille le désir ? » (Le Brun)

« Cette "sociologie" porterait sur un social pensé, en quelque sorte, à la mesure de l'individu vulnérable pour lequel l'objectivité sociale centrale n'est jamais absolument sienne, mais qu'il doit pourtant accepter et à laquelle il doit s'adapter. Une objectivité sociale qui peut même aller jusqu'au point de prendre la forme de la contrainte absurde ou de l'aliénation dégradante. » (Haber)

« Il faut pouvoir montrer comment la violence meurtrière, plutôt que comme un moment paroxystique inouï illustrant le fond abyssal de la nature humaine ou une régression catastrophique, cristallise des processus historiques d'exclusion, de réification profonde, d'assujettissement polymorphe et durable. » (Haber)

« A être trop normal, est-ce qu'on ne s'expose pas à cesser de l'être ? » (P. Macherey)